Le capitaine de l’équipe de France a répondu, lundi, à un message à caractère raciste publié par Celeste Amarilla. La femme politique paraguayenne revenait, dans son texte, sur la défaite de l’Albirroja en huitième de finale de la Coupe du monde face aux Bleus.

Kylian Mbappé a décidé de répondre à Celeste Amarilla. Sénatrice paraguayenne depuis 2023, la femme politique de 61 ans a publié sur X, lundi 6 juillet, un long message à caractère raciste visant le capitaine de l’équipe de France. « Cet abruti n’a même pas appris à écrire. Au lieu de téter le lait maternel, il tétait des noix de coco », peut-on notamment lire au milieu de cette diatribe, qui intervient deux jours après l’élimination du Paraguay en huitièmes de finale de la Coupe du monde face aux Bleus.
Vous pouvez partager un article en cliquant sur les icônes de partage en haut à droite de celui-ci.
La reproduction totale ou partielle d’un article, sans l’autorisation écrite et préalable du Monde, est strictement interdite.
Pour plus d’informations, consultez nos conditions générales de vente.
Pour toute demande d’autorisation, contactez [email protected].
En tant qu’abonné, vous pouvez offrir jusqu’à cinq articles par mois à l’un de vos proches grâce à la fonctionnalité « Offrir un article ».
Ces propos, tout aussi vindicatifs que ceux tenus avant la rencontre par l’ancienne gloire de l’Albirroja José Luis Chilavert, ont donc poussé Kylian Mbappé à réagir, quelques heures avant un entraînement de l’équipe de France à l’université Bentley, proche de Boston (Massachusetts), où la sélection a installé son camp de base depuis le début du tournoi planétaire.
« Vous êtes une femme méprisable et indigne de sa fonction. Vous ne représentez pas le Paraguay, ce pays qui a transpiré la passion et l’honneur tout au long de la compétition. Par votre inconscience et votre racisme décomplexé, le monde entier a déjà oublié le parcours et l’effort historique que vos joueurs ont réalisés durant cette Coupe du monde », a publié l’attaquant du Real Madrid sur ses réseaux sociaux.
Un signalement au parquet effectué par la FFF
« Je ne laisserai jamais aux gens comme elle la liberté de laisser propager leur haine et leur racisme à travers le monde », a ajouté l’enfant de Bondy (Seine-Saint-Denis), qui a reçu l’appui du président de la Fédération française de football (FFF), Philippe Diallo, quelques minutes plus tard : « J’apporte mon entier soutien à notre capitaine, aux joueurs, et plus généralement à toutes les victimes de tels propos odieux. Les joueurs de l’équipe de France représentent la France, c’est notre pays qui est insulté. »
Le patron du football français a également annoncé que la FFF allait « procéde[r] à un signalement au parquet à des fins de poursuite judiciaire » à la suite de ces propos « délictueux et condamnables ».
Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a lui condamné « sans équivoque » les propos racistes de la sénatrice. « Le monde du football et la société tout entière sont solidaires du capitaine de l’équipe de France : nous devons lutter contre le racisme et l’éradiquer ensemble », a-t-il écrit sur Instagram.
Quant à Emmanuel Macron, il « soutient Kylian Mbappé et l’équipe de France face aux attaques racistes dont le capitaine des Bleus a fait l’objet », a fait savoir l’Elysée. « Le président paraguayen a écrit au président français en ce sens, condamnant les propos qui ont été tenus, comme l’a fait le ministère des affaires étrangères paraguayen », a ajouté la présidence française.
« Ces propos sont abjects, indignes et d’autant plus inacceptables qu’ils émanent d’une responsable politique. Face au racisme, nous ne resterons pas silencieux », a également déclaré, dans un communiqué, la ministre des sports, Marina Ferrari. « En s’en prenant à Kylian Mbappé, la sénatrice s’attaque à tout ce que notre capitaine incarne et à tout ce que notre pays défend : la liberté, l’égalité et la fraternité », ajoute-t-elle.
Autre réaction, celle du gouvernement du Paraguay, qui s’est désolidarisé des propos de Celeste Amarilla, « contraires aux valeurs et principes qui inspirent la coexistence pacifique et le respect de la dignité humaine que promeut notre pays », a annoncé le ministère des affaires étrangères.
Ces propos « relèvent exclusivement de l’exercice de [la] responsabilité individuelle [de Celeste Amarilla] » et « ne représentent en aucun cas la position du gouvernement de la république du Paraguay ni du peuple paraguayen », est-il ajouté.
Après la victoire face au Paraguay, le capitaine des Bleus et ses coéquipiers préparent actuellement leur quart de finale du Mondial, qu’ils disputeront face au Maroc, jeudi 9 juillet, à Boston (Massachusetts).


