Calogero a exprimé sa vive colère après avoir découvert que l’une de ses chansons avait été diffusée lors d’un meeting politique organisé par le Rassemblement National. Le chanteur affirme n’avoir jamais donné son autorisation et dénonce une atteinte à ses droits ainsi qu’à l’esprit de son œuvre.
À quelques jours des élections européennes, les formations politiques multiplient les rassemblements pour mobiliser leurs électeurs. Le dimanche 2 juin, Jordan Bardella, tête de liste du Rassemblement National, réunissait plusieurs milliers de sympathisants au Dôme de Paris à l’occasion d’un grand meeting de campagne.
Au cours de l’événement, plusieurs titres populaires ont été diffusés pour accompagner l’ambiance de la salle. Parmi eux figurait **« 1987 »**, l’une des chansons de Calogero. C’est en apprenant cette utilisation que l’artiste a décidé de réagir publiquement.
Sur son compte Instagram, le chanteur a publié un communiqué dans lequel il exprime son indignation. Il affirme avoir découvert avec stupeur que son morceau avait été diffusé à la clôture du meeting et insiste sur le fait qu’il n’a jamais été consulté ni sollicité.
« **J’ai été scandalisé d’apprendre que ma chanson “1987” a été diffusée à la fin du meeting du Rassemblement National au Dôme de Paris. À aucun moment, je n’ai donné une quelconque autorisation d’y diffuser ma musique. J’affirme que jamais je ne l’aurais donnée** », écrit-il.
L’interprète rappelle également que ses compositions n’ont pas vocation à être associées à un mouvement politique, quel qu’il soit. Selon lui, la musique doit rester un espace de partage destiné au public et ne pas être utilisée pour soutenir un discours partisan.
Dans son message, Calogero précise qu’il s’oppose fermement à toute récupération politique de son répertoire. Il indique partager cette position avec Paul École, auteur des paroles de **« 1987 »**, estimant que l’association de leur œuvre à un discours politique constitue une atteinte à leur droit moral.
Le chanteur considère que cette utilisation porte atteinte au sens même de la chanson et affirme qu’aucun parti ne peut s’approprier son travail sans son accord. Il souligne que ses œuvres appartiennent avant tout à celles et ceux qui les écoutent, et non à une quelconque formation politique.
Face à cette situation, l’artiste n’exclut pas de porter l’affaire devant la justice. Dans son communiqué, il annonce se réserver le droit d’engager toute procédure qu’il jugera nécessaire afin de faire respecter ses droits et ceux de son coauteur.
Cette prise de position relance un débat récurrent sur l’utilisation de chansons lors des campagnes électorales. À plusieurs reprises, en France comme à l’étranger, des artistes ont contesté l’utilisation de leurs œuvres lors de meetings politiques, estimant que cela pouvait laisser croire à un soutien qu’ils n’avaient jamais exprimé.
Pour Calogero, la question dépasse le simple cadre juridique. Son intervention traduit une volonté de préserver l’indépendance de son travail artistique et de rappeler que les créateurs doivent rester libres de décider dans quel contexte leurs œuvres peuvent être diffusées.
Son communiqué a rapidement suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. De nombreux internautes ont salué la rapidité avec laquelle le chanteur a pris position, tandis que d’autres ont rappelé l’importance du respect du droit moral des auteurs, indépendamment des sensibilités politiques.
En annonçant qu’il envisage d’éventuelles suites judiciaires, Calogero montre qu’il entend défendre fermement ses droits et éviter que ses chansons soient associées, sans son consentement, à un message politique. Une affaire qui pourrait désormais se poursuivre sur le terrain juridique.

