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Mort de Marie-Paule Belle : Les derniers secrets bouleversants de la reine de La Parisienne avant son ultime silence

Mort de Marie-Paule Belle : Les derniers secrets bouleversants de la reine de La Parisienne avant son ultime silence

La nouvelle est tombée comme un couperet, plongeant la culture française dans une immense tristesse. Marie-Paule Belle, inoubliable chanteuse, pianiste et compositrice, s’est éteinte ce samedi 25 juillet à l’âge de 80 ans, des suites d’une longue maladie liée au cancer qu’elle avait publiquement évoquée. Disparue seulement deux mois après ses ultimes adieux à la scène, elle laisse derrière elle le souvenir d’une artiste profondément libre, drôle, cultivée et viscéralement attachée à la chanson française.

Bien loin des standards actuels, Marie-Paule Belle restera à jamais associée à ce refrain que plusieurs générations connaissent encore par cœur : La Parisienne, sortie en 1976. Cette chanson malicieuse, écrite par Françoise Maléjoris et Michel Grisolia, était devenue instantanément son plus grand succès. Son interprétation théâtrale, son jeu de piano incisif et sa façon unique de manier l’ironie la distinguaient immédiatement de tous les autres artistes de l’époque.

Pourtant, réduire Marie-Paule Belle à ce seul tube serait profondément injuste. Sa riche discographie comptait plus de 400 chansons, parmi lesquelles des pépites telles que Wolfgang et moi, Noir à tour, L’amour dans les volubilis, Les petits patelins ou encore Mon piano noir. Elle possédait ce talent rare de savoir être drôle sans jamais tomber dans la légèreté superficielle, grave sans devenir pesante, et engagée sans jamais transformer ses œuvres en discours politiques ennuyeux.

Née le 25 janvier 1946 à Pont-Sainte-Maxence, elle avait grandi principalement à Nice. C’est sa maman, musicienne passionnée, qui l’avait initiée très jeune au piano, au point que Marie-Paule aimait raconter qu’elle était pour ainsi dire née dans un piano. Après des études de psychologie et la douloureuse disparition de sa mère, elle monte à Paris pour se produire dans les cabarets de la rive gauche. Sa carrière professionnelle démarre véritablement en 1969, avant ses passages remarqués à la télévision chez Bouvard, ses concerts à Bobino et ses tournées mémorables aux côtés de Serge Lama, qu’elle considérait comme un véritable frère de scène et un mentor.

Marie Paule Belle, interprète de "La Parisienne", est décédée - La Libre

Derrière l’artiste exubérante se cachait aussi une femme d’une grande discrétion sur sa vie intime. Pendant onze années, de 1970 à 1981, elle a partagé la vie de la romancière belge Françoise Maléjoris, de quinze ans son aînée. Une relation fusionnelle, à la fois amoureuse et artistique, puisque l’écrivaine signait une grande partie de ses textes. À une époque où l’homosexualité féminine relevait encore du tabou, les deux femmes ne s’affichaient pas ouvertement sans pour autant se cacher. Même après leur séparation, elles étaient restées unies par une infinie tendresse. La disparition de Françoise en 2016 avait brisé la chanteuse, qui lui avait consacré en 2020 un livre bouleversant intitulé Comme si tu étais toujours là, bâti autour des lettres conservées de son ancienne compagne.

Ces dernières années, Marie-Paule Belle n’avait jamais vraiment déserté le cœur de son public. En novembre 2023, elle publiait encore un album de quinze chansons inédites en piano-voix, Un soir entre mille, avant de triompher au théâtre de Passy, aux Folies Bergère, puis avec son récital Belle et Barbara, un hommage vibrant à celle qu’elle admirait tant.

Mais sous cette énergie inépuisable se cachait un combat acharné contre la maladie. Frappée par une très grave récidive d’un cancer du sein, elle suivait des traitements lourds tout en affirmant haut et fort que son désir ardent de remonter sur scène était son meilleur remède. Du 19 au 31 mai 2026, elle avait donné sa toute dernière série de récitals au théâtre de Passy. Un spectacle prémonitoire baptisé sobrement Au revoir et merci. Après plus d’un demi-siècle de carrière, elle souhaitait que cette ultime révérence soit une fête. Deux mois plus tard, la grande dame s’en est allée. Il nous reste désormais son piano, sa voix, son rire et cette mélodie intemporelle qui continuera de résonner longtemps dans nos mémoires. Adieu, Marie-Paule, et merci pour tout.